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Fiscalisme

La rentrée du fiscalisme

220907 Ce mois de septembre est largement entamé au moment où votre chroniqueur reprend sa plume. Il sera dominé, à Paris, quoiqu'on nous serine par ailleurs, à propos de la pluie et du beau temps, de la marche du monde et de la rentrée des classes, par la question de la loi de finances pour 2023.

La Citadelle de Bercy va devoir faire adopter ses textes budgétaires par une assemblée au sein de laquelle n'existe aucune majorité cohérente, flanquée d'un Sénat clairement hostile. Cet exercice difficile demanderait des concessions, notamment, du côté de la droite et des défenseurs des classes moyennes, sur la question de la diminution globale de la dépense publique et de la priorité aux fonctions régaliennes de l'État.

Or, les technocrates parisiens ne changeront jamais. Et l'attitude de Gabriel Attal ne dément pas cette tradition d'autisme pseudo-réformateurs qui caractérisait déjà à la fin du XVIIIe siècle le glorieux Calonne faisant office, aux années décisives de 1783 à 1787, de Contrôleur général des finances. Son successeur actuel, fleuron de la Macronie, propre sur lui, ancien élève de l'École alsacienne, jusque-là porte parole du gouvernement, a été promu au lendemain de la déroute de son parti aux élections législatives, ministre des Comptes publics. Autrement dit c'est ce personnage qui va devoir, dans les mois à venir enrober de chocolat ce que l'on appelle pudiquement la trajectoire budgétaire de l'État central parisien.

Rappelons quand même son itinéraire partisan. On hésite ici à employer le mot de militant. Né en 1989, c'est en 2006, c'est-à-dire à 17 ans, l'âge ordinaire des engagements idéalistes voire révolutionnaires, qu'il rejoint le parti socialiste. Ce panier de crabes accomplit alors sa courbe décadentielle qui tendra vers le score brillant de la camarade Hidalgo. Pour mémoire, autour de la rue de Solferino rodent encore les Martine Aubry et les Ségolène Royal, qui se crêpaient le chignon pour savoir laquelle des deux candidaterait à la prochaine présidentielle, mais aussi les Hollande, les Cambadélis, les Strauss-Kahn et tutti quanti. Dès 2012, il accède au cabinet de l'inoubliable Marisol Touraine. Attal y demeurera pendant 5 ans jusqu'à l'âge de 27 ans.

Notre jeune vieux pataugera donc fidèlement dans ce marigot jusqu'à ce que se lève, à la fin du misérable quinquennat de François Hollande, l'aube de l'Alcibiade des temps modernes, Emmanuel Macron.

Sur sa fiche Wikipédia il est précisé, qu'il fit très vite office, à partir du triomphe de La République en Marche en 2017 de coordinateur de son groupe à l'Assemblée nationale. L'utilisation, probablement par l'intéressé lui-même du terme anglais « whip », en usage à la chambre des Communes, semble ici particulièrement bienvenue. Nonobstant la nuisance ordinaire du franglais ce mot possède dans la riche langue de Shakespeare une connotation tout à fait éclairante : il désigne, matériellement, un fouet. Et c'est grâce à cette stimulante cravache en effet que le parlementarisme britannique maintient, depuis la Glorieuse révolution de 1688, la cohésion des whigs et des tories, lesquels rappelons-le restent avant tout, à Westminster, des députés de circonscription.

L'arrogance naturelle de M. Attal se situe hélas aux antipodes de l'humour britannique et fait foin de la courtoisie.

Dans la précédente législature il avait commencé son parcours au sein de commission des Affaires culturelles et de l'Éducation. On le vit rapporteur d'un projet de loi relative à l'Orientation et la réussite des étudiants. Cela le fera grimper jusqu'au poste de secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse dans le second gouvernement Édouard Philippe, devenant ainsi le plus jeune membre d'un gouvernement sous la Ve République.

Sans doute eût-il été préférable qu'il demeurât dans cette filière verbeuse, aux côtés de Blanquer.

Les contribuables risquent fort de regretter que la rentrée de Gabriel Attal se révèle synonyme de rentrée de l'idéologie fiscaliste, sous tous les prétextes possibles, allant de la climatologie à l'égalitarisme.

Il est temps de se préparer à y faire front.

Petite-chouette

JG Malliarakis  
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LiberationfiscaleLe titre de ce livre bleu "Pour une libération fiscale" en fait une réponse au livre rouge de l'équipe de gauche dirigée par Thomas Piketty "Pour une révolution fiscale". Paru en 2012, il soulignait alors les voies de réformes possibles de l'archaïque fiscalité française, appelant à une réduction de la dépense publique, quise révèle d'autant plus nécessaire 10 ans plus tard. Un livre de 202 pages au prix de vente 20 euros port compris.
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