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mardi 20 oct 2020

Commentaires

Jean Michel THUREAU

En France, tout le monde a du pouvoir sauf la collectivité des Français.

Les différents pouvoirs, pouvoir constitutionnel (le Président et son gouvernement), pouvoirs de fait (monopoles trusts, syndicats, associations etc) sont tour à tour complices ou adversaires, mais ils finissent toujours par trouver un accord entre eux sur le dos des Français.

C'est ainsi que la France est devenue championne du Monde des prélèvements et qu'une part importante de ces prélèvements est détournée ou gaspillée.

Le résultat : une dizaine de millions d'exclus (chômeurs A,B,C,D,E, pré-retraités, hors système, sans logis etc), une crise du logement endémique, un aménagement du territoire dément, des désordres généralisés etc.

Cette foire d'empoigne s'arrêterait assez vite si l'on donnait aux Français le dernier mot sur les questions politiques et sociétales (lois, budgets etc).

Le présidentialisme, qui n'est pas la variable explicative de base, pourrait même être conservé sans inconvénient majeur.

Horrible détail ce type d'organisation s'appelle la "démocratie directe".

Les Suisses la pratiquent depuis le treizième siècle ( les citoyens des cantons primitifs, l'épée au flanc, votaient leurs lois à la majorité des bras levés). Ils sont huit millions sur un territoire peu fertile (l'altitude) et sans grandes richesses naturelles et pourtant leur revenu moyen est le double du nôtre.

Mais, comme votre député vous l'expliquera, ils sont tellements antipathiques !

Vous ne voudriez quand même pas devenir antipathiques ?

Laurent Worms

Il me semble que le goût des français pour les révolutions du XIXè. siècle s'est métamorphosé sur le plan électoral. On élit un candidat (souvent, depuis plusieurs années par élimination cotre les le Pen), puis après six mois, on lui coupe la tête à coup de sondages. Tous en font les frais.

RR

Par delà le système d'élection du Président de la République (celui de la Vème était prôné par Déroulède [à tord ou à raison ?]), je pense que ce sont les pouvoirs de l'élu qui sont contestables; en effet, la Vème République en attribue beaucoup trop à ce dernier. Dans un régime démocratique au vrai sens du terme, l'élu n'est là que pour appliquer les décisions qui émanent du Peuple (souveraineté populaire); avant de "décider", le Président se doit donc de consulter ses concitoyens, par le biais du référendum (par exemple).

Françoise

Rappelons l'excellent livre de Mitterrand en 1965 : "Le coup d'état permanent" parait-il toujours livre de chevet de Jean-Marie Le Pen sur cette dérive bonapartiste que constitue la 5ème République et notamment cette élection du Président au suffrage universel ! Et la réponse de De Gaulle bien connue : "Ce n'est pas à 70 ans que je vais commencer une carrière de dictateur" oubliant que Pétain à commencer à 80 !

Françoise

Ce vote présidentiel est devenu une aberration : 80 % des électeurs de Macron n'ont pas voté pour lui mais contre MLP ; et de l'autre côté idem : 80 % des électeurs de Marine n'ont pas voté pour elle mais contre Macron. Ce qui ne nous laisse pas beaucoup de votes pour, que ce soit pour l'un ou l'autre !

Françoise

Je pense que nous devons nous tourner pour 2022 vers un ticket Michel Onfrey / Eric Zemmour, 1ère candidature commune Extrême-Droite / Extrême-Gauche et qui ne soit pas surtout pas Soral !
Y rajouter Natacha Polony et Zineb el Razhoui serait encore mieux en s'inspirant des comités Tixier Vignancourt de 1965 justement !

Julien WEINZAEPFLEN

Cher Jean-Gilles,

Je vous remercie de m'avoir fait découvrir, pour la première fois au long cours, le texte du discours de Bayeux et celui d'Alphonse de Lamartine le 6 octobre 1848, où le poète romantique plaidait peut-être pour lui-même, mais avec une véritable conviction, pour l'élection du président de la République au suffrage universel.

On m'avait signalé le discours de Bayeux au moment du bac et j'étais passé outre. Une excellente religieuse institutrice nous avait lu un extrait du discours de Lamartine en fin de primaire et je n'y étais pas revenu. Grâce à vous, j'ai passé la nuit dernière avec ces deux textes.

Au premier abord, j'étais tenté de contredire votre appréciation sur la mauvaise qualité rhétorique du discours de Bayeux. Le général De Gaulle a une vraie faconde, est un orateur, et l'on se dit: "Tiens, que nous veut-il avec ses propositions institutionnelles? Il a l'air d'être porté par une pensée originale qui représente peut-être une véritable alternative. Il doit avoir une réforme constitutionnelle intéressante à nous proposer." Et puis on relit. Et d'abord,on est étonné par la manière dont il conçoit le Sénat et compose sa deuxième chambre. On doit reconnaître qu'il est resté fidèle à cette idée jusqu'au référendum de 1969 où il aurait voulu intégrer dans le Sénat le Conseil économique et social, en quoi LIonel Jospin n'aurait pas vu trente ans plus tard "une anomalie démocratique". Tel qu'il est aujourd'hui, le Sénat est une survivance du suffrage censitaire. Il traduit le voeu gaullien qu'il soit l'émanation des notabilités territoriales. De Gaulle voulait y intégrer ce qu'il n'appelait pas "les forces vives de la nation" comme le fera Chirac à satiété. Les "partenaires sociaux" ont leur place dans le Parlement. Peut-on donner plus à la sociale démocratie? Comment donc! De gaulle social démocrate?Quelle chute dans notre estime.

Et puis on continue notre lecture en se demandant: "Tiens donc! Pourquoi sort-il de son chapeau un chef de l'Etat qui ne saurait émaner du Parlement (ni en être "le favori" comme dirait Lamartine), qui doit décider du choix des hommes selon son bon plaisir et le rapport des forces, convoquer à référendum en cas de "crise grave" dont De Gaulle, qui fustige l'aventurisme des dictatures n'a pas encore imaginé l'article 16 pour éventuellement prendre les pleins pouvoirs au cas où elles surviendraient? Le président sorti du chapeau de De Gaulle doit également assurer la continuité de l'Etat et le respect des engagements de la France en honorant les traités qu'elle a signés. A bons entendeurs Asselineau ou Rougeyron, De Gaulle n'organiserait pas le frexit. CQUFD...

On se demande à quoi pense le général. Et puis la question se transforme. Le "à quoi" devient "à qui". L'évidence qu'il pense à lui s'impose. et Il s'est retiré pour mieux revenir. La traversée du désert durera douze ans. Après "le coup d'état permanent" de juin 1958, Michel Debré mettra en musique le discours de Bayeux.

Le vrai constitutionnaliste, c'était De Gaulle, mais un constitutionnaliste un peu tordu. Pour mémoire, l'hypocrite Assemblée nationale qui donna les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940 prétendait le faire pour qu'il rédigeât une constitution aux contours très démocratiques, d'après les premières ébauches qui nous en reste, car son cabinet s'y est attelé plus ou moins sincèrement, et puis la guerre a fait passer à autre chose.

Lamartine est moins brillant orateur que De Gaulle. Il prononce son discours devant un cénacle plus exigeant, mais les périodes du poète et politicien romantique et philanthrope le rendent filandreux. Malgré cela, il est très beau. La réussite de la République importe assez au poète pour qu'il mette son destin dans la balance et prononce son ostracisme si elle échoue, et non seulement s'il échoue. Et il sera conséquent en se retirant parce qu'elle a échoué, et non seulement à l'élire président de la République, mais le peuple s'est donné au futur Napoléon III, ce candidat à la présidence de la République qui l'avait harponné en lui promettant "l'extinction du paupérisme" et que jamais, il ne se laisserait tenter par des chimères impériales. Trois ans plus tard, c'était le 2 décembre, mais Lamartine s'était déjà retiré dans ses foyers. Lamartine prend ses responsabilités dans ce discours, mais il prend aussi le peuple à témoin: "si le peuple s'abandonne, tant pis pour le peuple, et je lancerai "cette accusation contre lui-même", et néanmoins ne nierai pas qu'"il était beau dans l'histoire d'avoir tenté la République" qui nous est arrivée par surprise, parce que l'illégitime monarchie de juillet est tombée d'elle-même.""

Le présidentialisme a un avantage, celui d'incarner la République et la souveraineté populaire dans une personne-principe dont Maurras faisait illusion en disant que le roi parlait pour le peuple. Le roi parlait pour lui-même et ses mercenaires devaient faire les guerres du roi pour augmenter sa "gloire", comme disait Louis XIV.

Même tordue, la lettre de notre constitution instaurant un régime bicéphal n'oblige pas à la courtisanerie parlementaire qui est le drame et la dérive du présidentialisme depuis qu'il y a des godillots à l'Assemblée nationale, autant dire depuis toujours, car la séparation des pouvoirs ne s'est jamais exercée dans les faits et le législateur s'est toujours senti soumis à l'exécutif qui devait dépendre de lui. Quant au "pouvoir judiciaire" comme le dit Lamartine (qui préfère parler de "distinction des fonctions" que de "séparation des pouvoirs"), ce pouvoir civil et pénal d'appliquer la loi comme bon lui semble et qu'on réduit à une autorité à mesure que la justice fait la pluie et le beau temps sous prétexte d'une indépendance qui lui serait due, libérant les petits délinquants qui terrorisent la population et muselant les politiques, parfoisdélinquants en col blanc, quand elle va jusqu'à confisquer une élection présidentielle ou inculper Nicolas Sarkozy d'"association de malfaiteurs", elle précipite la fin du régime comme autrefois les parlements ont fait tomber la monarchie, Chateaubriand l'a démontré avec assez d'éloquence.

Dominique

@ Julien WEINZAEPLEN Je ne nie pas que ces lectures sont très intéressantes. Mais on devrait aussi parler de Jean Bodin qui démontra la supériorité du régime de monarchie sur le régime de démocratie, dans son traité "Les six principes de la république". À rester toujours dans le champ du régime de démocratie, nous nous privons d'un débat qui aiderait au rétablissement de la monarchie absolue (tempérée et non dictatoriale) et de droit divin (sous l'autorité de la loi naturelle).

Tous les malheurs de la France viennent de la démocratie, dont l'abandon tragique de la souveraineté. Car le roi ne parle pas pour lui même mais pour le royaume, dont il est, en union avec le peuple, le souverain. Il n'est pas nécessaire de diaboliser le roi, les ennemis de la France traditionnelle s'en chargent.

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