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lundi 30 mar 2009

Commentaires

Sebaneau

"Le 19 mars dernier la protestation des Croates contre cette pression de plus en plus arrogante passait à un nouveau stade par la voix d'un certain nombre de mouvements croates l’association Un gouvernement alternatif et l’ONG Croatia Libertas qui ont choisi Leo Plockinic pour leur porte parole :"

On dirait vraiment que, chaque fois que les circonstances s’y prêtent, ceux qui ont voulu dépecer l’état multiséculaire de Bosnie-Herzégovine reprennent du poil de la bête. Rappelons que Tuđman avait voulu le partager avec Milošević : à l’encontre de l’Etat de Droit et de l’opinion majoritaire en Croatie, contre l’opposition expresse de la hiérarchie catholique, et à l’instigation de sa bande de catholiques d’Herzégovine occidentale –ces descendants de Serbes convertis au XV° siècle et qu’on voyait sans cesse brandir des drapeaux croates où ils avaient masqué les armes des provinces, parce que celles de l’Herzégovine n’en font pas partie.

Ne doutons donc pas que les partisans de la Grande Serbie fassent leurs délices de ces exagérations et de ces mensonges à l’usage des ignorants, qui ne servent finalement que leur pouvoir de nuisance à eux, tant ce fantasme-là est central dans leur propagande.


Mark Twain avait un jour cru devoir préciser que « la nouvelle de ma mort est très exagérée ». Là, il est tout aussi évident que cette histoire de loups-garous islamistes correspond beaucoup plus à ce qu’on peut faire croire à ses dupes qu’à de ce qui se passe réellement en Bosnie-Herzégovine

Le problème “islamique” actuel de la Bosnie-Herzégovine est qu’à force de dépenser des millions de son pétrole volé, l’Arabie Séoudite a réussi à exercer une certaine influence sur les instances de sa Communauté musulmane.

En revanche, en déduire que la société elle-même serait en voie d’ « islamisation », qu’elle voudrait adopter la Chari’a et créer un état islamique, ce n’est là qu’un fantasme.

Les Bosniaques sont beaucoup trop laïcisés pour cela : les musulmans pratiquants ne représentent même pas 17 % de leur communauté, ce qui les rend à peu près aussi nombreux, par rapport à la population totale de Bosnie-Herzégovine, que les Serbes le sont au Kosovo –lequel, comme chacun devrait le savoir, est monoethniquement albanais.

En outre, il existe chez les Bosniaques un certain attachement à Tito, lequel leur a rendu l’identité nationale et le territoire qu’ils avaient en fait perdus en 1878, et une forte tradition d’attachement à cette pluralité ethnique qu'incarnait le mouvement des Partisans : ils étaient, avec les Serbes, le seul peuple de Yougoslavie qui ait eu un intérêt vital au maintien de celle-ci ; et le regret de sa disparition y demeure d’autant plus fort qu’elle leur a valu l’agression et le nettoyage ethnique de la part des Serbes, et que la solution institutionnelle adoptée à Dayton en 1995 ne fonctionne pas.

Bien entendu, il serait ridicule de prétendre que Tito voulait instituer un « état islamique ». Lorsqu’en novembre 1943 à Jajce, dernière ville royale de Bosnie, il avait défini la Bosnie-Herzégovine comme une entité politique distincte, c’était comme élément historique d’une solution fédérale au problème plus large des nationalités.

On pourrait reprocher à Tito, dans les années 60, d’avoir défini une « nationalité musulmane » pour se faire bien voir des états du même métal dans le mouvement des non-alignés, mais cette démagogie-là les Bosniaques eux-mêmes l’ont résolue en s’appelant eux-mêmes « bosniaques » : les habitants de la Bosnie-Herzégovine qui justement, et à la différence de leurs voisins, ne confondent pas la nationalité avec la religion, et par conséquent ne s’identifient pas à celle d’autres états.

Tito avait dès le début reconnu aux Bosniaques une identité politique distincte ; ceux-ci en auraient-ils profité pour avancer leurs pions vers un état islamique ?

Le croire serait oublier que c’est au XIX° siècle que les Oulémas de Bosnie-Herzégovine ont accepté, et justifié, l’abandon de la Chari’a ; remettre cette décision-là en cause impliquerait une révolution intellectuelle équivalente au rétablissement de la monarchie en France. C’est dire si ça a peu de chances de se produire. Les propagandistes qui ont écrit ce texte le savent, mais ils espèrent bien que nous, nous ne le saurons pas.

S’il y a aujourd’hui des musulmans en conflit en Bosnie-Herzégovine, il tient à l’écart croissant entre les éléments corrompus de la hiérarchie cléricale et la majorité des Bosniaques qui sont soit modérés, soit, pour la plupart, laïcisés (l’« islamisation » de Sarajevo, les voiles qu’on y a vu apparaître, tiennent à ce que nombre de paysans plus traditionalistes chassés par le nettoyage ethnique s’y sont réfugiés, et non à un progrès de la propagande islamiste).

Et comme qui se ressemble s’assemble, c’est avec les fanatiques serbes que se sont alliés les dirigeants cléricaux de Sarajevo sous influence arabe, les uns et les autres faisant appel à des gangsters pour défendre leurs intérêts. Ce que les séparatistes croates, qui ont bien entendu leur propre mafia violente, craignent surtout face à cette alliance-là, c’est surtout d’avoir à lui abandonner certains fromages juteux.

Comment se traduit visiblement cette alliance crapuleuse entre les Tchetniks et les Wahhabites ? Eh bien, par le refus de Sarajevo de reconnaître l’indépendance du Kosovo, aussi bien que par l’abominable décision du Reis-ul-ulema Mustafa Ćerić de transférer à la Communauté islamique de Belgrade l’autorité sur les Bosniaques musulmans du Sandjak de Serbie (dans l’empire ottoman, ce Sandjak-là faisait partie de la Bosnie). Cependant, ces manigances bureaucratiques, si absurdes soient-elles, ne pèsent pas sur la vie des Bosniaques dans leurs villages.

Ce qu’implique l’état unitaire réclamé à juste titre par les dirigeants politiques de Sarajevo, c’est la reconnaissance de l’égalité des Droits entre les citoyens, qu’ils se considèrent comme croates, comme serbes ou comme bosniaques.

Il impliquerait aussi la dispartition de la soi-disant "Republika Srpska telle que définie à Dayton", et qui n’est à la Bosnie-Herzégovine que ce que l’Abkhazie ou l’Ossétie du Sud sont à la Géorgie : le produit d’une politique de conquête et d’extermination.

Les Wahhabites ne sont pas parvenus à obtenir l'influence dominante qu’ils voulaient en Bosnie et c’est ça qui compte, et non la propagande sur un prétendu « état islamique » pour faire peur aux petits enfants.

Leur échec en Bosnie se traduit par le fait qu’ils ont déménagé successivement vers la Macédoine, vers la partie monténégrine du Sandjak, vers la partie serbe de ce même Sandjak, et maintenant au Kosovo.

Et ce qui ridiculise définitivement ces racontars sur un prétendu « état islamique » en ex-Yougoslavie, c’est qu’il n’ont eu de réel succès que là où les musulmans ne sont qu’une minorité, en Macédoine et en Serbie ; dans les pays, ou dans les régions où les musulmans sont majoritaires, ils se sont trouvés bloqués.

scepticus

"L'État multiséculaire de Bosnie Herzégovine" dites-vous.
Il n'a pas laissé beaucoup de traces dans les dictionnaires.
Moins que le duché de Bourgogne ou le comté de Toulouse.

williamson

L'entrée de la Turquie en "Europe" devrait coïncider, à peu près, avec le centenaire du remplacement de l'Empire Ottoman par la République de Turquie :

http://en.wikipedia.org/wiki/Republic_of_Turkey#History

- : ".... By September 18, 1922, the occupying armies were repelled and the country saw the birth of the new Turkish state. On November 1, the newly founded parliament formally abolished the Sultanate, thus ending 623 years of Ottoman rule. The Treaty of Lausanne of July 24, 1923, led to the international recognition of the sovereignty of the newly formed "Republic of Turkey" as the successor state of the Ottoman Empire, and the republic was officially proclaimed on October 29, 1923, in the new capital of Ankara.[5]...."

Pour tous les nostalgiques de cet Empire ce sera en effet une période idéale pour en célébrer la renaissance...

Et il y a fort à parier que ce soit bien cela qui nous pende au nez...

Terrifiant...

minvielle

Cette photo semble être prise à Trappes, pas loin de chez moi...

Raisongarder

Le long commentaire de Sebaneau manifeste un parti pris anti-serbe étonnant : pourquoi parler de Tchetniks pour les serbes et non d'Oustachis pour les croates, alors que lorsqu'on veut s'injurier dans ces contrées, ce sont ces termes qu'on emploie. Employer l'un sans l'autre, c'est injurier l'un seulement de ces "peuples" (pour les musulmans, il réserve le terme de Wahabites à une minorité seulement, sans globaliser comme pour les serbes). Encore que la langue commune serbo-croate manifeste évidemment que depuis l'origine, serbes, croates et musulmans de Bosnie ou du Sandjak ne sont qu'un seul et même peuple, divisé par les religions. Croire que les musulmans slaves sont modérés tout comme les Turcs seraient laïcs depuis Mustapha Kemal, c'est oublier que nos musulmans nord-africains paraissaient bien calmes avant que leur nombre, le conflit palestinien et la vague intégriste ne nous révèlent que l'intégrisme naturel de l'islam ne faisait qu'attendre son heure. Je crains les musulmans, surtout lorsqu'ils se font passer pour modérés !
A JG Malliarakis, dont je partage la vision générale, pourquoi fallait-il considérer la fédération titiste comme non viable ? Pourquoi ignorer sa prédécesseuse royale de 1920 à 1941, qui n'avait pas tant démérité, sauf aux yeux des croates ? Ceux-ci, plus développés, ne supportaient-ils pas de se faire gouverner par ceux qu'ils considéraient comme des rustres serbes ?
Sans les manoeuvres austro-germaniques et les armes de l'ex-RDA, tout n'aurait-il pas pu se poursuivre comme l'unité de la France a pu se faire grâce aux hussards noirs de notre 3e république ? Il suffisait d'attendre et la France aurait dû jouer son rôle, qu'elle n'a pas joué par ignorance (Chirac) et lâcheté (Mitterrand affaibli par sa maladie). Le général Gallois n'a donc pas complètement tort d'accuser l'Allemagne, même si nous avons notre part dans ce deuxième suicide de l'Europe après celui de 1914.

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