Considérée comme une sorte de service public elle n'est contrôlée que très superficiellement par le pouvoir qui la subventionne. Les journalistes ne font en général que broder sur un canevas. Celui-ci leur parvenait autrefois sur téléscripteur. En argot professionnel on appelait cela le déconographe. Aujourd'hui les rédacteurs disposent d'un "fil" virtuel qui relie directement leurs ordinateurs à la centrale orwellienne de production de la vérité officielle.
Une dépêche AFP, par exemple, en date du 16/07/2010 à 15 h 57 est titrée de la sorte :
Un braqueur de casino abattu par la police après une course-poursuite en Isère.Voila penseront certains une bonne nouvelle.
Mais plutôt que de jouer la partition rédactionnelle ainsi préfabriquée, on préférera la disséquer afin de mieux comprendre les rouages du mensonge et de l'ahurissement.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
Un jeune braqueur a été abattu dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'un échange de tirs en pleine rue avec la police à Grenoble, à l'issue du braquage d'un casino, le troisième dans la région en l'espace de quelques mois.Ne serait-il pas plus pertinent de… commencer par le deuxième paragraphe et par la biographie résumée de cette innocente victime.
Agé de 27 ans, Karim Boudouda, déjà condamné trois fois aux assises pour vol à main armée, a trouvé la mort dans la course-poursuite qui a suivi sa fuite du casino d'Uriage-les-Bains, près de Grenoble.
Avec son complice, il s'était fait remettre, sous la menace d'armes lourdes, le contenu de la caisse alors que l'établissement était bondé.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
A l'entrée de Grenoble, un premier échange de tirs a eu lieu avec une voiture de police, blessant légèrement un adjoint de sécurité brûlé par une balle qui lui a frôlé les lèvres.Comme on le voit, les forces de l'ordre ne risquent guère que des égratignures.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
La course-poursuite s'est alors poursuivie avec des policiers de la Bac vers le quartier populaire de la Villeneuve, d'où est originaire M. Boudouda.
Comment ne pas éprouver de sympathie pour une personne issue d'un tel "quartier populaire". On pense à Céline et Arletty se congratulant l'un comme l'autre se présentant comme "natifs de Courbevoie".
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
"Les malfaiteurs ont arrêté leur véhicule, le conducteur et le passager sont sortis. Ils ont ouvert le feu à au moins trois reprises vers les policiers", a déclaré le procureur de la République de Grenoble, Jean Philippe, devant la presse.
La manière dont l'AFP présente la source tend évidemment à relativiser cette version. Cela donne à penser au lecteur qe les choses se sont sans doute passées autrement.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
"Les policiers de la Bac ont alors riposté, l'un de l'intérieur du véhicule avec un fusil à pompe et l'autre de l'extérieur", touchant Karim Boudada à la tête, a-t-il précisé.Précision suspecte, bien entendu.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
"Les premières constatations permettent de penser qu'il s'agit de légitimes défenses... Un fusil d'assaut et un fusil mitrailleur ont été retrouvés près du malfaiteur décédé", a encore dit le procureur.Bon, pour une fois, îl nous est "permis de penser" qu'il s'agit de légitime défense. Merci pour la permission. Nous n'en abuserons pas, d'autant plus que, symétriquement il est sans doute à d'autres "permis de penser" le contraire. Nous sommes libres que diable !
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
Alors que l'autopsie aura lieu samedi et que le second homme est toujours en fuite, un renfort des forces de l'ordre était envisagé pour vendredi soir dans le quartier populaire de la Villeneuve.
Car "la révolte", pardon "la colère" doit être tenue pour légitime ou plutôt pour "naturelle".
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
"Nous allons renforcer la présence policière pour éviter qu'il y ait un match retour avec des violences urbaines", a déclaré Brigitte Julien, directrice de la sécurité publique en Isère, réclamant des renforts de CRS.
Match retour : quelle belle expression. Elle met à égalité les voyous et les défenseurs de la loi et de l'ordre.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
La police a subi des jets de projectiles depuis des immeubles du quartier, où la tension est montée dans les heures ayant suivi l'incident. Mais le calme semblait revenu à la mi-journée, si ce n'est quelques jeunes disant leur haine de la police.
Haine de la police. Tout est dit : n'est-ce pas le partage de la pègre, de la presse et de la gauche.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
"Son petit frère de 19 ans l'a vu se faire abattre. Il était avec son cousin de 14 ans", à discuter dans la rue avec d'autres jeunes quand les faits se sont produits, vers 01H30-02H00 du matin, assure, sous couvert de l'anonymat, un de ces jeunes interrogés par l'AFP.
Ah ! le sympathique jeune homme !
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
"Le sang venait de la tête. Il n’avait pas de cagoule. C'est sûrement les flics qui l'ont enlevée", ajoute-t-il, accusant les services de secours de n'avoir pas tenté de le réanimer.
Ah ! les méchants policiers !
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
Sur place, les policiers ont retrouvé "un partie", voire "la totalité du butin" (entre 20 et 40 000 euros) dans un sac à l'arrière du véhicule des malfaiteurs.
Où est passé le reste ?
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
Il s'agissait du troisième braquage de casinos de groupes français dans la région Rhône-Alpes et en Suisse voisine depuis quelques mois.
En sommes tout cela est banal.
La dépêche AFP présente ainsi les faits :
Le 28 mars, le casino de Bâle, appartenant au groupe français Tranchant, avait été braqué par un commando d'une dizaine d'hommes encagoulés et armés de pistolets mitrailleurs, qui avaient dérobé plusieurs centaines de milliers de francs suisses avant de passer en France.
Et le 4 avril, le casino "Le Pharaon", un établissement du groupe Partouche, avait été braqué à Lyon par un commando de cinq hommes armés qui s'étaient emparés de plusieurs dizaines de milliers d'euros avant de prendre la fuite.
In cauda venemum : en définitive cet argent appartient à de sales capitalistes. À qui faut-il dire merci ? À mamie Nova peut-être ? Dans un tel texte, tout est pesé, tout est dosé. 10 matraquages comme celui-là par jour, 365 jours par an. Voila comment la presse et la gauche nous bourrent le crâne.
JG Malliarakis

Vous pouvez écouter l'enregistrement de cette chronique sur le site de Lumière 101
Analyse imparable.
Chapeau bas, M. Malliarakis !
Tous ceux qui ont l'ambition
de constituer des sources
d'information indépendantes
devraient en prendre de
la graine : puisse votre
exemple faire école.
Rédigé par : Denys | samedi 17 juil 2010 à 17:28
Malheureusement, je ne vois rien de positif dans toute cette violence guerrière. Quelle est cette société qui fabrique des gens aussi avides d'argent rapide, de sang, d'actes de guerre dans la cité? Je ne veux point applaudir à cette mort car cette brebis sacrifiée méritait un autre destin et ce, dès la graine de vie qui l'animait. La mort n'a pas de parti. Il me semble que l'on ne construit plus, mais que l'on se borne à sauver quelques meubles dans la maison qui brûle... que de destins gâchés par la cupidité! C'était ma parole de paix et de vie. Amen.
Rédigé par : minvielle | samedi 17 juil 2010 à 21:39
Hou là ! L'emploi machinal de certains mots déforme la réalité : la société ne fabrique rien, car elle n'est qu'un amas de personnes et de groupes ne formant pas un tout homogène. Disons que différentes causes concourent à l'émergence de fous furieux comme ce Karim Boudouda. Mais dire que c'est la société qui l'a fait laisse entendre qu'il y aurait des responsabilités dans les institutions : la cupidité serait-elle donnée en exemple par notre Président, comme le répète ad nauseam les élus socialistes ? Alors il faudrait rechercher aussi la cause de la cupidité de la bande à Bonnot, de la mafia italienne, d'Al Capone ou de Jesse James lui-même !
Parmi les multiples causes, il y en a qui sont liées à la nature de l'homme et de toute société : les hommes pauvres les plus imbibés de testostérone (les plus agressifs) et les plus inconscients (les plus bêtes) ne supportent pas la richesse des autres. L'assistanat contribue à les maintenir dans la pauvreté et leur non assimilation leur fait croire que c'est la société qui ne les aime pas. C'est tout.
Rédigé par : Yves Egal | dimanche 18 juil 2010 à 15:34