Ce qui me préoccupait au premier abord, je le reconnais bien volontiers, ressortissait de la critique textuelle.
Et la question se pose, une fois de plus de la responsabilité des médiats et des centres de désinformation. Complicité indirecte. Encouragement implicite. Justification idéologique.
Il ne s'agit aucunement de dire ici que l'Agence France Presse, par sa présentation tendancieuse des faits, attiserait directement la violence des voyous. Ceux-ci ne lisent évidemment ni les dépêches d'agence, que je décortiquais alors, ni "Le Monde", ni encore moins "La Croix". S'ils regardent le journal télévisé de 20 heures cependant, ils disposent d'indications assez précises de l'état d'esprit dans lequel pataugent ceux que leur argot raciste anti-français désigne sous le nom de "fromages".
Et, d'ailleurs, d'une façon permanente, ils n'ignorent pas les points faibles de notre société. Ils l'ont manifesté à Grenoble dans la nuit du vendredi 16 au samedi 17 dans les conditions spectaculairement scandaleusesdont je ne fais ici que reprendre la description du Monde (1).
Le Monde écrit : "Tirs entre manifestants et forces de l'ordre, voitures et commerces incendiés : de violents incidents ont éclaté dans la nuit de vendredi 16 à samedi 17 juillet, à Grenoble, après la mort d'un braqueur de casino, la nuit précédente, lors d'un échange de tirs avec la police."
Le Monde souligne : "C'est après une prière au mort récitée dans la soirée par un imam, écoutée en silence par une cinquantaine de jeunes rassemblés dans un parc du quartier de la Villeneuve, d'où était originaire le braqueur tué, que la situation a dégénéré."
Le Monde décrit ce qui a suivi l'intervention de l'imam : "De petits groupes de casseurs s'en sont pris à coups de battes à des abribus et un tramway, et des gaz lacrymogènes ont été tirés."
Le Monde constate ensuite : "Selon la police, un homme a sorti une arme de poing vers 2 h 30 et tiré en direction des forces de l'ordre, qui ont alors ouvert le feu afin de disperser la foule et d'assurer sa sécurité".
Le Monde évoque alors le triste tableau de chasse : "Une trentaine de voitures ont été brûlées et un jeune a été arrêté dans la nuit, selon un bilan provisoire, samedi matin, des forces de l'ordre. Un magasin d'automobiles a en outre été pillé et incendié".
Je ne fais donc à l'instant que citer Le Monde en m'interrogeant une fois de plus, comme le font beaucoup de Français : s'agit-il du début de moments graves ou d'un simple épisode orageux ?
De tout temps, d'instinct ou d'expérience, les forces de la destruction, de la subversion ou même de la véritable intervention extérieure savent tirer parti de la faiblesse de leurs proies.
Les vraies causes de la conquête islamique de la péninsule ibérique en 711 relèvent ainsi de plusieurs registres. La trahison d'un personnage énigmatique que l'Histoire a retenu sous le nom de "comte Julien" ne peut pas être entièrement négligée. D'autre part, on peut évaluer, en partie, que la démographie des terres européennes les affaiblissait face au conquérant. Mais les causes principales de l'effondrement du royaume wisigoth demeurent internes. Tarik est venu cueillir un fruit mûr, balayer un pouvoir déliquescent. Au contraire si, à la même époque, seuls le royaume des Francs (en 732-733) et avant lui l'empire romain d'Orient (en 717-718) ont su repousser l'envahisseur c'est bien que la future dynastie carolingienne, maîtresse politique de l'Austrasie, et la dynastie isaurienne au pouvoir à Constantinople se trouvaient l'une comme l'autre en phase ascendante.
Aujourd'hui la vraie question de la Cinquième république tient plus à son essoufflement interne, au sein des institutions sociales, qu'aux ferments représentés par les racailles émeutières. Et quand nous nous interrogeons sur cette crise, moralement significative, nous devrions certes en cerner les caractères politiques : le centralisme, l'étatisme et, bien entendu, le pouvoir plébiscitaire qui place l'élection du chef de l'État au suffrage universel, puis la chétive personne de l'élu, au centre du débat. Mais nous devons aussi mesurer la fonction décadentielle des budgets sociaux, de la retraite dite par répartition, des subventions de toute nature, du logement "attribué", de l'assistanat généralisé.
Un auditeur de Lumière101.com commente de la sorte la version vocale de cette chronique :
"C'est quoi la gauche ? Existe t-il autre chose que des socialistes en France ? Plus ou moins spoliateurs de biens et de liberté. En quoi les gens censés représenter la droite se démarquent-ils du socialisme ? Le contrôle de l'information existait déjà sous De Gaulle, n'est ce pas ? Les honnêtes citoyens retrouveront leur puissance le jour où ils s'affranchiront des mensonges et du vol des hommes de l'État ; droite et gauche comprises."Ma réponse supposera qu'on s'accorde sur le vocabulaire. L'étatisme et le collectivisme devraient précisément ne caractériser que la "gauche".
Cette manière de penser "socialiste" constitue la cause principale de notre déclin. Mais également on la retrouve dans la fabrication systématique en Europe des tensions intercommunautaires depuis plus de 30 ans. Cela se manifeste y compris actuellement en Belgique. L'éclatement de ce pays risque de survenir en raison même du système social. Une Flandre prospère y éprouve le sentiment de subventionner la société en déclin industriel de la région francophone. De même, à la fin des années 1980 de la défunte Yougoslavie, ce "modèle" socialiste, la Slovénie et la Croatie pensaient payer pour les républiques du sud.
Oui le mal réside dans les systèmes socialistes qu'en France, plus que partout ailleurs, la pseudo-droite issue du gaullisme n'a fait que conforter. Ainsi, le projet de fausse réforme Woerth de la retraite par répartition en 2010, comme la pauvre loi Fillon l'avait fait en 2003, continue cette tradition, ce "modèle" hexagonal.
La véritable droite sera celle qui se dressera, de manière urgente, au nom d'abord de la liberté, c'est-à-dire de la responsabilité des individus, pour liquider ce funeste héritage.
JG Malliarakis
Apostilles
- cf. article "Nuit de violences à Grenoble après la mort d'un braqueur" en ligne sur LEMONDE.FR avec AFP | 17.07.10 à 08 h 36 Mis à jour le 17.07.10 à 09 h 34

Bonjour...
permettez moi de vous trouver assez rapide sur le passage du braquage, de l'émeute, et de la fin de la cinquième, nous dirons post coloniale.
Vous semblez donc préconiser une 6ème "république" et une reconquista. Ai-je bien compris?
Et qui porte le masque de Julien? Je n'ose le deviner....
Je serai moins dramatique, théâtralement parlant : ceci est une tache largement répandue dans nos "murs", ils sont armés, et motivés, et de plus ont leur chefs bien gonflés. Eux n'ont point de pincettes pour nous fondre dans leur fromage malodorant de voyoucratie brutale.... voilà, c'est tout. Amitiés
pms
Rédigé par : minvielle | samedi 17 juil 2010 à 18:26
"Et la question se pose, une fois de plus de la responsabilité des médiats et des centres de désinformation. Complicité indirecte. Encouragement implicite. Justification idéologique."
C'est une grande question, en effet. Je pense que les médias propagent des idées qui, si elles n'atteignent pas les voyous, contribuent à rendre confuse la volonté générale d'en finir avec cette escalade de la délinquance. A semer le doute dans les esprits. D'ailleurs, il ne s'agit plus ici de délinquance, mais d'actes d'avant-guerre civile.
Rédigé par : Nico de Montreuil | dimanche 18 juil 2010 à 22:44