On peut dire, de ce point de vue, que la stratégie du général McChrystal enregistre de sérieux revers. Tenir à ce propos le discours de la satisfaction d'avoir eu raison relèverait cependant du déshonneur.
D'abord, de nombreux soldats français, et même la fine fleur de l'armée, sont engagés sur le terrain. La France s'y est impliquée de manière durable, avec l'accord unanime de la classe politique, à l'automne 2001. Elle l'a fait dans le cadre de la résolution 1386 du Conseil de sécurité des Nations unies. La présidence chiraquienne et le gouvernement Jospin, en parfaite harmonie, adhéraient alors à l'objectif de lutte contre les terroristes d'al-Qaïda.
Aujourd'hui, après bientôt 10 années de combats, les surgeons du régime ignoble des talibans n'ont pas été vraiment éradiqués. On peut, on doit le regretter, et s'interroger quant à la pertinence des moyens, aussi bien sur le plan quantitatif que sur le plan des méthodes
La nécessité d'une telle réflexion n'échappe à personne. Elle ne saurait être confondue avec une remise en cause de l'objectif global lui-même : la destruction de l'islamo-terrorisme. Elle s'assimile encore moins à la critique défaitiste, ou au dénigrement du travail remarquable de nos soldats et de nos policiers participant à ce combat.
On se doit donc ici d'accuser les médiats dominants et le mode de pensée monopoliste parisien de toujours chercher à salir les militaires, particulièrement l'armée et les services de renseignement de notre pays. Les autres bénéficient, parfois, d'un traitement plus indulgent.
Seuls trouvent vraiment grâce à leurs yeux des terroristes déclarés comme "Carlos". Le léniniste vénézuélien Illitch Ramirez Sanchez, s'affirmait "né pour être révolutionnaire". Après avoir inscrit un nombre impressionnant de victimes innocentes à son tableau de chasse, il s'est, paraît-il, converti à l'islam. On l'admire ouvertement. On subventionne le film "Hors-la-loi" et on traite d'imbéciles ceux qui osent protester.
Il convient donc de rappeler la vérité, de reconnaître les mérites de ceux qui, au cours des siècles, ont préservé l'Europe de la barbarie.
Aujourd'hui en effet, de façon involontairement opportune j'ai le plaisir de présenter au public le livre de Camille Paganel, "Histoire de Skanderbeg". Il s'agit en effet de saluer en lui un grand héros de l'Europe chrétienne.
Georges Castriota, fils d'un seigneur d'Épire fut surnommé par ses adversaires eux-mêmes, le "prince Alexandre", – Skanderbeg (1403-1468). Le premier, il unifia les montagnards illyriens. Aujourd'hui encore il est reconnu comme le héros national par tous les Albanais [y compris par les descendants de ceux qui, deux siècles plus tard, pour des raisons politiques, se convertirent nominalement à l'islam.]
Vainqueur du sultan Mehmed II, il arrêta pratiquement seul la vague conquérante ottomane à l’Adriatique.
Il mérite ainsi de faire figure de glorieux contemporain de Gutenberg.
Son existence aventureuse, et victorieuse, doit être mieux connue. On pourra ainsi saluer les circonstances dans lesquelles, recevant un très faible quoique symbolique soutien de la Papauté, de Venise et d'autres puissances européennes, il sut unir son peuple et vaincre par ses propres forces.
Car, début des Temps Modernes, l’année 1453 marque à la fois la prise de Constantinople par les Turcs, la découverte de l’imprimerie, et, en occident, la victoire française de Castillon, mettant fin à la guerre de Cent Ans.
En ceci les historiens aiment ordinairement à voir l'achèvement de ce qu'ils appellent le Moyen Âge. Après lui, l’Europe baroque durera jusqu’en 1789.
Notre famille de peuples manifesta, tout au long de cette période, la conscience d’un ennemi commun : l’Empire ottoman. Cet adversaire implacable demeurait le maître de la Méditerranée, et l'oppresseur des Chrétiens vendus comme esclaves.
Les circonstances historiques et politiques évoluent. D’autres faits géographiques et culturels persistent.
De la sorte quand Camille Paganel, biographe de Frédéric II et de Joseph II, publie pour la première fois, en 1855, son "Histoire de Skanderbeg", la France aux côtés de l’Angleterre mène une étrange croisade en mer Noire. La guerre de Crimée (1853-1856), avait été conçue par le cabinet de Londres pour empêcher la Russie de tailler en pièces les forces de la Sublime Porte et de s’emparer des Détroits.
Cette conjonction semblait à notre auteur contradictoire avec sa propre connaissance de l’Histoire.
Un siècle et demi plus tard, nous avons vu se développer de nouveaux rapports de forces, notamment entre la Russie et la Turquie, etc.
D’autres constantes cependant se dégagent, y compris dans les tergiversations dommageables des Européens.
Chaque nation semble ainsi condamnée à se sauver elle-même, ou à périr seule, quitte à voir, après coup, la réaction éplorée de la famille européenne, on disait autrefois la République chrétienne, lorsqu’elle prend conscience de la perte subie.
Il a malheureusement fallu la chute de la Ville de Constantinople pour que l'Europe ouvre les yeux sur le danger.
Il a fallu la vaillance, et le génie militaire, de Skanderbeg pour l'arrêter.
JG Malliarakis
Apostilles
- Repris en Europe par L'International Herald Tribune du 17 mai.
- cf. Amin Wardak : Tragique erreur de la politique afghane d’Obama http://lumiere101.com/2009/12/07/tragique-erreur-dobama/
- Ce livre de 398 pages au prix de 25 euros peut être commandé
- ou bien en consultant sa pagehttp://www.editions-du-trident.fr/skanderbeg.htm
- ou bien en téléchargeant et en imprimant le catalogue mai-juin 2010 des Éditions du Trident http://www.editions-du-trident.fr/circulaire.pdf
sur le site de Lumière 101

Je viens de faire paraître un livre sur une histoire un peu plus récente sous le titre:"UN BRETON DANS LA COLONIALE" Pardon mais ils étaient nombreux dans cette arme. Il ne se considérait pas comme un héros. Tout juste un acteur et même ajoutait-il un minuscule acteur.
C'est L'Harmattan qui a bien voulu faire paraître son livre signé par Vincent Lestréhan son fils.
Lui aussi mérite d'être reconnu. Non?
Rédigé par : RAUDE Vincent | jeudi 20 mai 2010 à 10:02