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Contrairement aux gens très informés qui pensent à notre place, j'ignore quant à moi l'étendue et les raisons exactes du recul dans l'opinion publique de la popularité présidentielle. Je découvre même avec un relatif étonnement que des élections locales, d'enjeux largement influencés par certains clivages nationaux mais qui pour 65 % du territoire français échappent aux étiquettes politiques réservées aux grandes villes, on a pu donner des résultats péremptoires.Je les indique quand même à tout hasard tels que l'AFP les publie dans un tableau synoptique à partir "des chiffres quasi définitifs des communes de plus 3 500 habitants" :
-- 1,8 % des voix iraient de la sorte à l'extrême gauche,
-- 47,4 % à la gauche englobant le PCF, le PS, le MRC, le parti radical de gauche, les "divers gauche" et les Verts ;
-- 3,69 % au Modem,
-- 44,38 % à la droite englobant l'UMP, les "divers droite", le nouveau centre et les villiéristes,
-- 1,08 % à l'extrême droite
-- et 1,65 % aux "autres".
Que, par exemple les candidats régionalistes bretons fassent un score historique sans précédent, allant entre 4 et 12 % selon les communes, dans les 6 cantons expérimentaux où ils se sont présentés ne préoccupe évidemment pas nos analystes. Qui s'intéresse au scrutin cantonal, aux villages et à la Bretagne je vous le demande un peu !
On pourrait gloser, notamment sur les classifications. J'essayerai de le faire pour ma part dans d'autres chroniques.
Nul doute que l'on cherche à nous dire que désormais l'opinion des Français serait passée à un rapport 47 contre 44 en faveur de la "gauche", les communes de moins de 3 500 habitants n'appartenant pas vraiment à la partie intéressante du pays.
Et on doit bien comprendre que toute la démarche consiste aussi à nous expliquer alors que, sociologiquement la question dite du "pouvoir d'achat" expliquerait cet hypothétique renversement de tendance au sein de la nation. Je souligne évidemment que cette analyse ne rend pas compte de l'écart de popularité entre le président sur qui ont porté toutes les attaques, et qui s'est d'ailleurs beaucoup surexposé lui-même, et son Premier ministre. Existe-t-il une telle différence dans leur approche et dans leurs interventions en faveur du "pouvoir d'achat" des Français ?
En décembre 2007, la question du pouvoir d'achat a commencé à se voir développée par les médiats. Il me semble trouver trace, audépart, d'un débat du 27 novembre entre MM. Hollande et Devedjian ce dernier abordant le sujet sur la base de déclarations de la campagne électorale du printemps. En effet, le candidat de la droite avait lancé le slogan "travailler plus pour gagner plus".
Et pour faire dès lors du vainqueur indiscutable de ce débat le "président du pouvoir d'achat" le secrétaire général de l'UMP rappelait à l'automne dernier la principale piste du gouvernement : desserrer l'étau des 35 heures.
Voici ses déclarations de l'époque (1) : "Le pouvoir d'achat est un vrai sujet. Certes, il ne diminue pas. L'Insee prévoit une augmentation de 2,8 % cette année. Mais la France accuse du retard par rapport à ses voisins européens : le salaire brut moyen y est de 359 euros inférieur à la moyenne européenne. Cela tient à la faiblesse structurelle de la croissance et aux 35 heures, qui ont tué le pouvoir d'achat."
Conjoncturellement on ne peut que se ranger à cet avis.
En revanche il faut reconnaître que la question s'est vue systématiquement déformée et que la gauche et les médiats en arrivent maintenant à parler du "pouvoir d'achat" comme d'un effet de la générosité, ou de la pingrerie du pouvoir, supposé distribuer plus ou moins aux populations.
Dans cette optique on a lancé une rumeur, et Mme Royal ne s'est pas privée de l'exploiter, notamment dans son discours du 4 mars à Clichy-sous-Bois. Notre incorrigible Ségolène a affirmé, "évident que la droite prépare un plan de rigueur". Et naturellement elle appelle tous les Français à "mettre un coup d'arrêt à une immoralité tous azimuts". Mais cette grand peur d'un "plan de rigueur" ne repose que sur une divagation désinformatrice destinée à affoler les fonctionnaires et toutes les couches sociales budgétivores.
Structurellement on doit donc déplorer que les grands stratèges de l'UMP ne s'attaquent jamais frontalement à la véritable cause qui rogne le pouvoir d'achat, car elle pénalise aussi bien la capacité d'épargner et d'investir que celle de consommer des familles françaises.
Cette nuisance découle du niveau de la dépense publique. Celle-ci se traduit ou bien par la masse de ce qu'on appelle les prélèvements obligatoires, impôts de l'État ou des collectivités locales et cotisations dites "sociales" (2) ou bien par une forme de prélèvement plus subtile qui affecte particulièrement la capacité d'investir de la nation dans le secteur productif de l'économie, c'est-à-dire par les emprunts que la Direction du Trésor lance pour couvrir son déficit. Si l'on ne garde pas présent à l'esprit l'ensemble du scénario on perd de vue notamment l'existence de puissants groupes d'intérêts attachés de façon précise à l'existence de produits financiers de l'État.
On doit donc bien comprendre aussi que c'est la dépense publique dont le caractère négatif doit être expliqué aux Français puisque c'est elle qui les ruine et qui les empêche finalement de vivre correctement de leur travail.
Et c'est cette dépense publique atteignant aujourd'hui quelque 54 % de la richesse nationale créée par le labeur et les initiatives de chaque Français actif qui permet aux hommes de l'Etat de jouer les généraux. Grâce à cela ils prétendent construire des équipements collectifs ou gérer des cas sociaux montés en épingle par le misérabilisme de journalistes misant eux-mêmes cyniquement ou partageant naïvement les compassions virtuelle et sur commande de leurs lecteurs et téléspectateurs.
On conçoit bien sûr qu'il existe une limite à la diminution de cette dépense publique.
Mais entre l'idéal professé par une religion telle que l'islam qui interdit en théorie, dans son droit coranique, plus de 10 % de prélèvements obligatoires et, d'autre part, la réalité française de 54 %, il existe des situations intermédiaires dans le monde occidental actuel, à peu près à mi-chemin.
Or, ce sont précisément ces pays, où les prélèvements sont de quelque 20 parfois 25 points inférieurs à ceux de la France qui constituent la concurrence industrielle, financière et fiscale que doit supporter l'économie productive française.
Et au total les conséquences de cette situation pèsent sur les salaires nets.
C'est donc sur la restitution du salaire direct complet que doit porter la revendication centrale de tout courant d'opinion désireux de faire comprendre à nos compatriotes la nocivité de la dépense publique excessive et spoliatrice qu'ils subissent.
JG Malliarakis
Notes
- Tribune du 28 novembre 2007
- Voir sur toutes ces questions le livre de Georges Lane "La Sécurité sociale et comment s'en sortir"
Et pourquoi pas une petite ligne de publicité de bon goût…… pour les Éditions du Trident.

Belle illustration de la dérive constante initiée par certains socialistes, et reprise en chœur par les journalistes, consistant à attribuer au gouvernement actuel le pouvoir de distribuer du "pouvoir d'achat" aux citoyens.
Mais aussi, pourquoi François Fillon ne remet-il pas les pendules à l'heure autrement qu'en proclamant "les caisses sont vides" ce qui, finalement conforte cette illusion ?
Rédigé par : Pierre Allemand | mercredi 12 mar 2008 à 20:51