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Le ministère de l'Intérieur avait subtilement agi, faisant coïncider, cette année, le premier dimanche des comices électoraux de nos Municipes et de nos Cantons, avec l'ouverture de la pêche à la ligne. Le succès s'en est montré fort contrasté si j'en crois les chiffres de la participation. Certes dans un grand élan d'enthousiasme dès le premier tour le parti communiste, fort des 1,93 % de voix obtenus au scrutin présidentiel, reprenait dès le 1er tour Dieppe et Vierzon et retrouvait ses divers vieux bastions de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, où il pourra continuer son remarquable ouvrage de destruction de la France. Dans le 16e arrondissement de Paris en revanche, l'abstention atteint 50 % des inscrits et dans le fief hérité des Missoffe dans le 17e, grâce sans doute aux 44 % de pêcheurs à la ligne, Mme de Panafieu ne parvient même pas à se faire élire au premier tour.
Au total, avec une participation moyenne relativement honorable, le camp le plus tonique et le plus uni semble en position de l'emporter sur le camp le plus déprimé et le plus désuni. Les parachutés ne se trouvent pas récompensés de leur saut dans l'inconnu, les énarques se voient désavoués par le peuple, et M. Perben à Lyon réunissant les deux qualités roule dans la poussière.
Je ne souhaite et je ne me risquerai donc à formuler aucun pronostic quant au sursaut civique attendu le 16 mars.
Simplement je redis mon souhait personnel : plus la gauche enregistrera d'échecs, moins l'hypothèse d'un ralentissement des réformes promises se confirmera. Les mesures gouvernementales, nécessaires à défaut de se révéler suffisantes se heurtent à cette prégnance de l'idéologie socialiste et même collectiviste en France pour maintenir notre pauvre pays dans l'état de semi-communisme mou dans lequel il croupit. Il faut en sortir.
Dans un entretien publié par Le Figaro du 6 mars, le chef de l'État faisait part, sans doute pour rassurer les derniers lecteurs du Carnet mondain parisien dit "du Jour", de sa volonté de garder le cap des réformes.
Le 4 mars, sur Europe N° 1, le Premier ministre était même allé plus loin : il promettait que le résultat des municipales ne freinerait pas son plan de réformes. "Nous n'avons pas le droit à la pause", déclarait-il, affirmant même crânement : "après les municipales, on va accélérer". Dès 20 h 15, ce 9 mars, Mme Pécresse très en beauté sur France 2, confirmait cette intention.
Bien entendu, et je ne considère nullement cette remarque comme une parenthèse, on peut se demander ce que voulait dire cette phrase dans la bouche du chef du gouvernement : "on va proposer un projet de modernisation de l'économie avec des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises".
Les entreprises individuelles et familiales françaises ne demandent aucun "soutien". Pas plus n'ont-elles jamais mandaté aucun Gautier-Sauvagnac, ni aucun énarque de son espèce, ni pour les représenter, ni pour distribuer des fonds de corruption. Et sur cela il faudra bien un jour enquêter. Et les bureaucraties syndicales s'honoreraient à l'exiger.
Les entreprises individuelles et familiales françaises n'ont jamais réclamé autre chose que la liberté, notamment celles des directives européennes de 1992 : M. Fillon s'apprête-t-il à en reconnaître la nécessité et le bien-fondé ? Si oui, bravo. Sinon, tout en sachant son intention droite, il échouera sur le terrain de la revitalisation du tissu national des petites entreprises et de l'emploi qu'elles développent.
Quant au chef de l'Etat, le 8 janvier, lors de sa conférence de presse de rentrée, il avait étrangement annoncé son engagement dans la campagne des municipales. "Je m'engagerai, avait-il déclaré, parce que le concept même d'élection dépolitisée est absurde". Mais il avait ajouté cette utile précision : "Je m'engagerai à la place qui est celle du président de la République (...) pour dire que les forces du changement, du mouvement, que les forces de la modernité se rassemblent et s'expriment".
On doit donc se demander, après pratiquement deux mois d'absence dans cette campagne de celui que l'on considère pourtant comme le principal personnage de notre vie publique, à quel niveau dans l'opinion se situent désormais, ces désirables "forces du changement, du mouvement, et de la modernité" ?
Incontestablement, quoique subrepticement, les forces de la conservation technocratique, ce que dans les années 1780 on appelait déjà "la Cour", ont su depuis l'automne dernier exploiter toutes les faiblesses de l'homme que l'on présentait pour largement plébiscité, tant par les élections présidentielles et législatives du printemps que par les sondages d'opinions triomphants de l'été. Lorsque Laurent Wauquiez, porte-parole du gouvernement situant ce 4 mars à "quatre jours de l'impact" faisait-il allusion, par cette expression balistique, à la continuation souterraine de ces 4 années de luttes sournoises, abyssales, des vieilles et sordides murènes du conservatisme lovées derrière un Villepin entre 2003 et 2007, manifestées par des affaires fabriquées comme l'affaire dite "Clearstream" ? Pensait-il aux étranges connexions raccordant toujours tous ces vieux appareils politiciens rouillés ? Chacun devine aisément d'où venait le tir !
Mais par ailleurs ces élections municipales et cantonales pourraient bien annoncer la remise en cause des plus indécrottables clivages politiques.
Certains voudraient y voir à plus ou moins juste titre les conséquences de la politique présidentielle dite "d'ouverture" représentée par les Kouchner et les Besson, au gouvernement ou par un Jean-Marie Bockel à Mulhouse. Cela a d'ores et déjà pris effet dans des villes comme Auxerre, Avignon, Belfort, Colmar, Perpignan, Saint-Nazaire, Salon-de-Provence, Tours ou Villeurbanne, et on remarquera que la principale intervention du chef de l'Etat dans la campagne s'est effectuée à Pau pour soutenir le maire sortant, le ci-devant socialiste M. Yves Urieta. Ce dernier n'en a pas tiré grand avantage arrivant en 3e position.
La recomposition politique a cependant vocation à passer aussi, et prioritairement par le centre où le jeu tactique peu lisible de M. Bayrou jette le trouble. Ceci s'est traduit par la conclusion de quelques vagues accords du Modem dès le premier tour avec la "droite" (nous désignons ainsi par commodité l'UMP) à Bordeaux, Millau, Périgueux, ou à l'inverse certains autres avec la "gauche" (nous désignons ainsi par commodité le PS) à Dijon, Grenoble, Montpellier ou Roubaix. À Lyon ou Strasbourg les ex-centristes se sont même répartis dans les deux coalitions.
Car en réalité dans un cas comme dans l'autre la véritable question qui se pose porte sur les alliances du parti socialiste.
Et il s'agit essentiellement de celle qui s'affirme exclusive de toute ouverture en direction des centristes, et ceci depuis les élections législatives de 1967, où l'on vit même un caméléon radical-socialiste comme M. Maurice Faure troquer entre les deux tours, pour être élu avec les voix du parti communiste à Cahors son étiquette centriste pour celle de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste.
Depuis plus de 40 ans, cette alliance socialo-communiste, interrompue entre 1956 et 1966 en raison de l'indignation provoquée en France par les événements de Budapest, ne s'est jamais démentie.
À Paris, Delanoë ne manque donc pas de culot ou plutôt il esquive son propre problème quand il appelle le Modem à clarifier ses projets d'alliance. "Je veux être un maire libre", a-t-il osé déclarer le 27 février devant 3 800 personnes réunies au Zénith.
Paroles verbales d'un homme élu minoritaire en 2001, tributaire des plus petits apports de voix. Et si sa réélection paraît facile cette année, reconnaissons qu'il le doit beaucoup à la démobilisation programmée de la droite.
Les anciens trotskistes du Monde et les autres sympathisants de l'appareil "lambertiste" dirigeant le Grand-Orient de France ne veulent au bout du compte à aucun prix d'une quelconque liberté de mouvement pour le Maire de Paris. Ils vont même jusqu'à militer pour une fusion du parti socialiste et de l'appareil stalino-cégétiste. Ils voudraient donc nous faire admettre une fois pour toutes que "le rapprochement avec le Modem n'enthousiasme pas".
Honnêtement cette phrase ne peut se comprendre qu'avec un complément d'objet direct : à qui cette hypothèse plaît-elle, à qui au contraire ne convient-elle pas.
Pour mieux le savoir regardons les quatre exemples cités par le quotidien de la pensée unique. Car le 28 février Le Monde mettait ainsi en ligne, enregistrements audiovisuels à la clef, quatre (4) témoignages complaisamment recueillis par Madame Claire Ané lors du meeting de Bertrand Delanoë au Zénith, le 27 février 2008.
Contre ce rapprochement socialo-centriste : Luc Lejeune, militant communiste et salarié de la mairie de Paris.
Contre ce rapprochement socialo-centriste : Amine Bouabbas, secrétaire national du Mouvement des jeunes socialistes.
Contre ce rapprochement socialo-centriste : Jérôme Metellus, militant du PCF qui distribuait des tracts à l'entrée du meeting.
Pour ce rapprochement socialo-centriste : Jean-Claude Renaudin, membre du PS.
Si je ne trompe au vu d'un tel échantillonnage l'alliance socialo-centriste se heurte donc essentiellement aux interdits jetés par le parti communiste. Cette vieille nuisance, tout en ne représentant plus à l'échelon du pays que 1,93 % des voix, pose encore ses conditions.
Et ça semble encore marcher.
JG Malliarakis
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"on va proposer un projet de modernisation de l'économie avec des mesures de soutien aux petites et moyennes entreprises".
N'est-il pas curieux que qu'A. Melvedev est prononcée la même phrase devant un parterre de juristes au cours de la campagne présidentielle en Russie? Standardisation du discours politique, standardisation des comportements: voilà bien le signe que nos gouvernants n'agissent plus qu'en fonction de la gouvernance globale déterminée par la synarchie au niveau mondial, dans tous les domaines de compétence principaux des gouvernements nationaux. A l'heure où le gvt mondial devient une réalité, les clivages politiques locaux ne signifient plus grand chose, si ce n'est des différences de sensibilité autour de sujets mineurs.
Rédigé par : Bertrand | lundi 10 mar 2008 à 12:06
Non seulement ça marche, mais je crains que cela va marcher longtemps...
La nouvelle generation qui ne s'informe qu'à travers les Guignols et la presse gratuite,ne considère ni le PC ni la LCR comme des nuisances, mais plus comme des Robin des bois qui veulent prendre aux riches pour donner aux pauvres.
Les patrons sont tous des exploiteurs.Il n'existe pas de petite ou moyenne entreprise, d'ailleurs aucun ne veut monter sa boite.
Tous les sondages montrent que la jeunesse souhaite plutot un poste dans la fonction publique.
Je pense que le choix aujourd'hui est entre entreprendre des reformes ou continuer comme ça,vers la faillite.
La France deviendra un pays où on viendra faire du tourisme, boire manger ,se soigner puisque notre système de soins est formidable et s'amuser:nous avons déjà Paris Plage et Euro Disney .
C'est à desesperer
Rédigé par : GOURBETIAN | lundi 10 mar 2008 à 23:24